Acte 8.

size=12px]J'ai eu une enfance heureuse. Cela va sans dire que l'épanouissement de mon être se répandait tout autour de moi. Je faisais preuve de sagesse, de culture, d'intelligence, de beauté.
Ma mère m'emmenait souvent voir "Le Lac des Cygnes", et les corps si frêles des danseuses étoiles me faisaient rêver. Je ne me doutais pas que je puisse vivre dans un autre pays que la Russie, parler une autre langue.
Les jours glissaient, et l'hiver devancait prudemment mais sûrement l'automne. Alors, je m'accoudais à la fênetre du salon (qui servait aussi, pour les fêtes et les grandes occasions de salle à manger),et j'admirais les flocons de neige qui tombaient sur ces rues, ces maisons interminables. Je ressentais mes palpitations, et je me mettais à danser. Je déployais ma main droite puis ma main gauche, m'avancais sur mon "estrade", puis,je m'élançais éperduement dans des arabesques, nulle part, ailleurs. Je me laissais envahir par l'air chaud et doux, je ressentais le tapis se déplacer délicatement sous mes mouvements. J'ai voulu apprendre a danser. On m'envoya dans une école de danse, c'était très long et difficile, ma mère dut se détacher d'une somme d'argent considérable, mais je progressais, voilà que j'étais sur une vrai estrade devant des centaines de personnes, c'était de la "comédie humaine",de la folie! Je dus finalement arrêter la danse, et je me mis à travailler.


Mes notes étaient admirables, je faisais preuve de volonté, bien que je fus une petite fille assez timide, je m'integrais parfaitement dans la société. Mais par moments, prise d'une subite envie de danser, je me rappelais du temps ou je dansais, et cela me rendait triste. Mais ça ne dura guère longtemps, la danse se vit remplacée par le piano.



Je me rappelle encore de cette odeur de café melangée à une pointe d'iris qu'avait ma professeur de piano. Ses doigts imposants, et ses ongles tellement longs se précipitaient et s'engageaient dans des accords si majestueux ! Ces mains éraillées, durcies, son nez étroit, ses yeux sombres et mystérieux, des dents jaunâtres, son grain de beauté qui pendait au dessus de sa lèvre supérieure, me faisaient peur, au début. Puis, mes mains si petites, rongées quelque fois par le froid, à tel point qu'elles en devenaient rouges, cherchaient a se déplacer de plus en plus vite, avec toujours plus de difficulté dans le rythme. J'entamai le solfège, la chorale. Je fus redoutable. Le concept de la petite fille idéale continuait de marcher de son plein gré. Je passais des concours, devant des messieurs en habits noirs, et des femmes avec des coiffures recherchées et des bagues en or blanc. Je ne montrais jamais ma febrilité, mais je l'éprouvais à chaque fois que j'entrais dans ces salles froides, que je m'asseyais sur cette banquette toujours noire, avec un air impérial bien qu'elle se perdait devant ce piano qui émettait des sons si délicats et intenses.
Les éxaminateurs ne souriaent jamais,ne montraient jamais la moindre émotion,ce qui me mèttait encore plus mal à l'aise.
Si fragile, j'avançais dans mon chemin personnel, j'alternais entre les heures de cours, de devoirs, et de cours de piano. C'était pourtant la plus belle époque de ma vie. J'étais aimée par tous ceux qui croisaient mon chemin, "votre fille est tellement exemplaire, tellement sage" ! Voilà ce que l'on disait à ma mère qui hochait la tête, sans trop y croire pourtant, car jamais je n'étais aussi bien qu'elle le voulait.
Voila que je me retrouvais à jouer devant une salle, accompagnée ou toute seule. Portant un uniforme bleu foncé, qui laissait entrevoir le col blanc de ma chemise en soie, j'avais un air pâle, craintif.
Au fil du temps,mon regard prenait une certaine maturité, je ne savais aucunement que tout allait s'arrêter.
Et dans mon élan vertiginieux, je fus stoppée, comme par un coup de fusil, giflée par mon destin.

Le dernier été, le dernier hiver, le dernier printemps...
Ma mère, de sa main si douce, prit la mienne, et m'emmena dans un tout un autre Monde.


J'arrivai en France.



Soudain, l'enfance s'arreta.
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# Posté le vendredi 30 octobre 2009 19:18

On n'est pas sérieux à 17 ans.

Ca fait si longtemps que cette douce odeur n'a pas caressé mes narines.
L'odeur de l'été un jour de pluie,quel bonheur ,
j'ai l'impression d'avoir à nouveau 12 ans.

J'ai fêté mon anniversaire,j'ai 17 ans,et ce blog (memoriesixteen) meurt avec mes 16 ans,enfouit sous des mémoires de ce beau passé.

Merci pour vos commentaires et vos visites.
On se revoit bientôt ! ( mais sur blogspot,cette fois :) )
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# Posté le vendredi 05 juin 2009 05:05

Même tes remèdes,ils ne marchent plus.

C'est foutrement bien de savoir que tout ce qu'on laisse derrière nous est un passé qui ne reviendra plus jamais.Dans l'exercice de mes pensées je me dis que si seulement tout ca pouvait me revenir,ca serait pire que tous les ouragans,séismes du Monde.

Pourtant oui,je suis étouffée par ta présence incessante qui me lie à toi.Au fil des jours,c'est comme une peine pour moi de te voir,de te sourire,malgré moi.La joie,elle n'existe plus,
mais je resterai toujours.Je ne crois pas que ce qu'elle fait est la solution,tout abandonner,tout ce qu'on a construit,alors je resterai,malgré moi,en ésperant me lier à toi.Non,non,j'abandonne,les nouveaux pulls de chez Maje sont bien plus agréables a voir que tes cheveux emmelés par ce vent !

Oui,d'accord,j'affirme avoir une certaine attirance pour les matières en soie,mais ce n'est pas pour ca que je n'aime pas le coton,je suis trop plongée dans mes idées pour distinguer le noir du noir,mais je sais que cette passion pour les bouts de tissus est entrain de m'envahir.
Rien,je ne fais rien,je me laisse faire.

# Posté le vendredi 01 mai 2009 08:02

Modifié le lundi 11 mai 2009 14:43

acte 5.

Divertissement.
Quand je m'y suis mis quelquefois, à considérer les diverses agitations des hommes et les périls et les peines où ils s'exposent, dans la cour, dans la guerre, d'où naissent tant de querelles, de passions, d'entreprises hardies et souvent mauvaises, etc., j'ai découvert que tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. Un homme qui a assez de bien pour vivre, s'il savait demeurer chez soi avec plaisir, n'en sortirait pas pour aller sur la mer ou au siège d'une place. On n'achètera une charge à l'armée si cher, que parce qu'on trouverait insupportable de ne bouger de la ville ; et on ne recherche les conversations et les divertissements des jeux que parce qu'on ne peut demeurer chez soi avec plaisir.

Mais quand j'ai pensé de plus près, et qu'après avoir trouvé la cause de tous nos malheurs, j'ai voulu en découvrir la raison, j'ai trouvé qu'il y en a une bien effective, qui consiste dans le malheur naturel de notre condition faible et mortelle, et si misérable, que rien ne peut nous consoler, lorsque nous y pensons de près.

Quelque condition qu'on se figure, si l'on assemble tous les biens qui peuvent nous appartenir, la royauté est le plus beau poste du monde, et cependant qu'on s'en imagine, accompagné de toutes les satisfactions qui peuvent le toucher. S'il est sans divertissement, et qu'on le laisse considérer et faire réflexion sur ce qu'il est, cette félicité languissante ne le soutiendra point, il tombera par nécessité dans les vues qui le menacent, des révoltes qui peuvent arriver, et enfin de la mort et des maladies qui sont inévitables ; de sorte que, s'il est sans ce qu'on appelle divertissement, le voilà malheureux et plus malheureux que le moindre de ses sujets, qui joue et se divertit.

Blaise Pascal, Pensées, (éd. Brunschvicg n° 139)

# Posté le dimanche 22 mars 2009 13:52

Modifié le jeudi 29 octobre 2009 16:38

Si on est avec Lui,qui pourrait être contre nous?

Si on est avec Lui,qui pourrait être contre nous?
La perfection n'existe pas; la comprendre est le triomphe de l'intelligence humaine; la désirer pour la posséder est la plus dangereuse des folies.


Alfred De Musset



# Posté le dimanche 08 mars 2009 08:49

Modifié le jeudi 29 octobre 2009 16:49